Le rover Perseverance de la NASA a découvert des preuves convaincantes de la présence de cristaux ressemblant à des rubis incrustés dans les roches de Mars, faisant allusion au potentiel d’autres pierres précieuses, y compris des saphirs, à travers la planète. Cette découverte, présentée lors de la 57e Conférence sur les sciences lunaires et planétaires, pourrait remodeler notre compréhension de la géologie martienne et des conditions dans lesquelles ces minéraux se forment.
La découverte du cratère Jezero
Les résultats proviennent d’analyses au laser de « roches flottantes » – des pierres délogées trouvées le long du bord d’un cratère d’impact vieux de 4 milliards d’années dans le cratère Jezero. À l’aide du laser SuperCam du rover, les scientifiques ont excité les minéraux présents dans ces roches, révélant leur composition chimique grâce aux longueurs d’onde de la lumière émise. Trois échantillons présentaient des signatures claires de corindon, le minéral qui forme à la fois les rubis et les saphirs, la présence de chrome suggérant une structure semblable à celle d’un rubis.
Cependant, les cristaux sont exceptionnellement petits – moins de 0,2 millimètres de diamètre – ce qui rend leur identification définitive difficile. Les chercheurs soulignent qu’une analyse chimique plus approfondie est nécessaire pour confirmer s’il s’agit de véritables rubis martiens ou d’autres variantes de corindon. Comme l’explique la géologue planétaire Valérie Payré : « Les différents types de corindon sont basés sur la chimie… On ne peut pas quantifier la quantité de chrome… Il est donc difficile de conclure s’il s’agit de rubis ou d’autres types de corindon. »
Comment ces cristaux se sont-ils formés ?
Sur Terre, les pierres précieuses comme les rubis et les saphirs se forment généralement grâce à des processus géologiques intenses impliquant une chaleur et une pression élevées dues à l’activité tectonique. Mars, cependant, manque de tectonique des plaques confirmée, ce qui a conduit les scientifiques à proposer un mécanisme de formation alternatif : les impacts cosmiques. Ces collisions génèrent des températures et des pressions extrêmes capables de créer du corindon, ainsi que des fluides hydrothermaux susceptibles de faciliter leur croissance.
Les preuves actuelles suggèrent que ces cristaux pourraient s’être formés dans des conditions distinctes de celles qui existent sur Terre. Leur présence dans les roches délogées complique également l’histoire, car leur contexte d’origine reste inconnu. Payré note : « Pour l’instant, les cristaux de corindon ont été trouvés dans de petits cailloux venus d’ailleurs… Il est donc difficile de contraindre l’histoire complète. »
Implications et recherches futures
Bien que la perspective des pierres précieuses martiennes ne soit pas susceptible d’alimenter une nouvelle ruée vers les bijoux (en raison de leur taille microscopique), la découverte souligne la diversité de l’histoire géologique de la planète. La présence de corindon s’ajoute à la liste croissante de pierres précieuses potentielles trouvées sur Mars, notamment le quartz et l’opale. Cela soulève des questions fondamentales sur les conditions environnementales passées de la planète rouge et sur le potentiel de formations minérales similaires ailleurs.
Des recherches plus approfondies, y compris la récupération d’échantillons supplémentaires à partir de leur source d’origine, sont cruciales pour découvrir toute l’histoire de ces cristaux martiens. Cette découverte renforce l’idée que Mars est un monde complexe et géologiquement actif, capable d’héberger des conditions propices à la formation de pierres précieuses.


















