L’évolution vers une meilleure alimentation n’est pas seulement une mode en matière de santé. Il s’agit d’un bouton de réinitialisation structurelle pour l’agriculture mondiale.
D’ici 2050, nourrir la planète différemment pourrait faire perdre 630 milliards de dollars à la valeur de la production animale. Cela semble énorme parce que c’est le cas. Le modèle est clair : manger des plantes, cultiver plus intelligemment, gaspiller moins. Faites cela, et l’utilisation des terres diminuera. Les animaux tombent. Des bénéfices pour les géants de l’élevage traditionnel ? Ils plongent.
Ce n’est pas de la spéculation. C’est un scénario de Nature.
Des chercheurs de la London School of Hygiene & Tropical Med de Cornell et d’une douzaine d’autres équipes ont construit le modèle. Ils ont posé une question simple. Et si le monde suivait réellement les conseils de la Commission EAT-Lancet pour une alimentation saine et durable ?
La réponse réside dans une réorganisation des systèmes alimentaires qui touche des millions de moyens de subsistance.
L’effondrement du bétail contre le boom des plantes
Les chiffres ne mentent pas. Le secteur de l’élevage est le plus durement touché.
La valeur de la production mondiale de ruminants (vaches, moutons, chèvres) pourrait chuter de 70 %. Cela représente 274 milliards de dollars disparus. Environ 400 millions de ruminants en moins parcourent la Terre par rapport aux niveaux de 2020.
L’agriculture végétale, à l’inverse, connaît une poussée de croissance. Légumes, fruits, noix, légumineuses. La valeur de production combinée pourrait augmenter de 57 %. Cela représente une augmentation de 890 milliards de dollars.
Ainsi, l’argent sort de la grange et va dans le jardin.
Ce n’est pas seulement une question de volume. Il s’agit de coûts cachés. Le système alimentaire actuel impose entre 10 et 20 000 milliards de dollars de dommages annuels. Factures de santé. Perte de productivité. Ruine environnementale. Les régimes alimentaires malsains représentent la majeure partie de cette facture.
Changer de piste arrête le saignement.
“Plutôt que d’utiliser ces résultats comme excuse à l’inaction, il est essentiel que les gouvernements relèvent le défi.” — Dr Matt Gibson
Les victoires environnementales sont réelles
Moins de terres agricoles signifie plus de terres pour la nature.
Les émissions nettes de CO2 liées à l’agriculture résultant du changement d’affectation des terres pourraient chuter de 85 % d’ici 2095 par rapport à 2020. Pensez à cette échelle.
Les forêts restent debout. Les prairies restent de l’herbe. Le carbone reste enfermé dans le sol et la biomasse. C’est un énorme avantage climatique.
Le Dr Matt Gibson, l’auteur principal de l’étude, n’a pas mâché ses mots. La transformation des systèmes alimentaires offre d’énormes avantages en matière de santé et d’environnement. Mais cela bouleverse également le statu quo. Des groupes puissants profitent du désordre actuel. Les gouvernements devront y faire face.
Ce n’est pas facile.
États-Unis, Europe et Inde : une histoire de trois marchés
L’impact ne sera pas uniforme. La géographie compte.
Aux États-Unis, la valeur de la production agricole chute de 21 % d’ici 2050. Perte de 76 milliards de dollars. Mais regardez de plus près. La valeur des cultures augmente en réalité de 20 %, soit 40 milliards de dollars. La valeur du bétail s’effondre de 73 % (perte de 116 milliards de dollars). Les agriculteurs américains doivent s’adapter fortement.
L’Europe connaît une contraction de 35 %. 190 milliards de dollars disparus. Les valeurs des cultures baissent légèrement (8 %). Le bétail est touché à 66%. Perte de 168 milliards de dollars. L’agriculture européenne a besoin d’une refonte majeure.
Inde? Cela semble différent.
La production agricole indienne pourrait en réalité augmenter de 46 %. Cela représente 198 milliards de dollars. La valeur des récoltes grimpe de 65 %. Le bétail ne diminue que de 8 %.
Pourquoi? Différentes bases alimentaires. Des infrastructures différentes. Des besoins différents.
L’étude montre qu’un changement mondial ne nuit pas de la même manière à tout le monde. Certaines régions s’adaptent plus rapidement. D’autres sont confrontés à de graves perturbations.
Ce n’est pas une prédiction
Ne confondez pas ce modèle avec une boule de cristal.
Daniel Mason-D’Croz, co-auteur chez Cornell, met en garde contre le fait de considérer ces chiffres comme une fatalité. Ce sont des scénarios. Premiers guides.
Ils montrent où se situent les défis. Où les opportunités émergent. Un changement d’une telle ampleur ne se produira pas du jour au lendemain, en 2050. Nous avons besoin de modèles prospectifs dès maintenant. Planifier. A régler. Pour éviter le choc.
Les chercheurs ont testé une hypothèse. Un changement sans coût dans les préférences des consommateurs. Les gens décident simplement de manger plus sainement. Immédiatement.
C’est irréaliste.
Changer la façon dont des milliards de personnes mangent est compliqué. Une alimentation saine n’est pas bon marché partout. Les traditions locales résistent au changement. Les goûts diffèrent. Les chaînes d’approvisionnement sont à la traîne.
La politique est importante. Les prix comptent. La technologie compte.
L’étude ne couvre qu’un seul parcours. D’autres existent.
Que se passe-t-il ensuite ?
On demande aux gouvernements d’agir maintenant.
Pas demain. Maintenant.
Les producteurs et les consommateurs vulnérables ont besoin de protection. Si le système évolue vers des régimes alimentaires plus sains et durables, la transition doit être gérée. Autrement, des millions de personnes mourront de faim ou perdront leurs revenus.
Le modèle est un outil. Un austère. Il met en évidence les compromis. Santé contre tradition. Profit contre planète.
Nous savons ce qui doit changer. Nous ne savons pas exactement à quoi cela ressemblera dans cinq ans. Ou dix.
Mais la trajectoire est visible.
La question n’est pas de savoir si le système alimentaire change. C’est qui contrôle le changement.
Et si nous sommes prêts à affronter la facture de 630 milliards de dollars.





















