Un garçon de onze ans est décédé. Comme ça. Cela s’est produit en Ontario.
Il s’est réveillé une nuit dans un chalet familial du nord. Il avait une chauve-souris sur le visage. Restant là, sur son nez et sa bouche. Son père a attrapé la petite créature dans une marmite, l’a jetée dehors et est retourné se coucher. Pas de sang. Aucune égratignure. Peut-être juste un rêve bizarre.
Les parents n’ont pas vu de médecin. Ils n’étaient pas obligés de le faire, n’est-ce pas ? Après tout, la chauve-souris n’a pas mordu. Pas visiblement en tout cas.
Tout contact humain direct avec [une chauve-souris] est considéré comme à haut risque.
Dix-neuf jours se sont écoulés. Calme. Puis les picotements ont commencé. Sur le côté droit du visage. Un engourdissement a suivi. Gonflement aussi.
Ils sont allés à l’hôpital. Les signes vitaux semblaient bons pour la plupart, juste un cœur qui s’emballait et des globules blancs élevés. Rien de terrifiant pour l’instant.
Le lendemain, le garçon avait complètement perdu toute sensation de ce côté-là. Le discours est devenu boueux. Empâté. Dans la salle d’attente, les choses se sont envenimées. Fièvre. Confusion. Hallucinations. Il ne pouvait pas avaler. La salive s’accumula. C’est la rage qui fait son sale boulot dans les nerfs.
L’Hôpital pour enfants McMaster a pris le relais. Quatre jours plus tard, le test s’est révélé positif. Cinq jours plus tard, ses réflexes du tronc cérébral ont disparu. Perte totale.
Les médecins et la famille ont dû choisir. Le système de réanimation a été interrompu au bout de dix-sept jours. Il était parti.
Ce n’était pas exactement la faute de la chauve-souris. Eh bien, oui, mais ce n’était pas une attaque. Le rapport, publié dans le JAMC, souligne une nuance terrifiante : les morsures de chauves-souris sont minuscules. Invisible. Vous ne vous en souvenez même pas. Les chauves-souris aux cheveux argentés sont les principales responsables au Canada, selon d’anciennes revues de virologie, bien que les ratons laveurs et les renards jouent également leur rôle.
La plupart des gens considèrent les animaux enragés comme des monstres écumants qui claquent sur vos chevilles. C’est la version du film. Les vraies chauves-souris enragées sont souvent silencieuses. Ils ne se battent pas. Ils s’assoient simplement sur vous pendant que vous dormez et transfèrent un virus qui ronge vivant votre système nerveux central.
Une fois les symptômes apparus, vous êtes pratiquement mort. C’est presque mortel à cent pour cent. L’horloge passe vite, généralement en une semaine ou deux. Mais si vous agissez immédiatement, après le contact ou la morsure, il est presque toujours possible de guérir. Lavez-le. Obtenez les anticorps. Faites les vaccins. La prophylaxie post-exposition fonctionne. Cela fonctionne réellement.
On nous dit que les décès humains dus à la rage sont rares ici. Moins de dix par an aux États-Unis. Seulement vingt-huit au Canada depuis 1924. Nous avons donc baissé la garde. On ignore la chauve-souris sur le visage car il n’y a pas de sang.
Les médecins sont directs à ce sujet. Ils veulent que tout le monde se souvienne : si vous touchez une batte, allez aux urgences. N’attendez pas la mousse à la bouche. Il est alors trop tard. La fenêtre se ferme rapidement et sans avertissement.
Cela ne semble pas juste. Mais c’est la règle désormais. Toucher l’aile compte. Dormir près d’eux compte. Vous devez supposer le pire, car les preuves ne seront pas sur votre peau. Ce sera en vous avant même que vous sachiez que l’invité était là.
Nous continuons à dormir. Les chauves-souris continuent de voler. Le médicament fonctionne, si nous l’attrapons à temps. La tragédie n’est qu’un retard. Un choix simple : ne pas demander d’aide. Une nuit tranquille en Ontario qui a tourné au cauchemar médical.
En italique le poids de tout cela. Nous ignorons les petites choses à nos risques et périls. Peut-être devrions-nous simplement appeler le médecin la prochaine fois qu’un animal étrange entre.





















