Rachel Neale ne donne pas de vagues conseils de bien-être. En tant que chercheuse sur le cancer de la peau à l’Institut QIMR Berghofer en Australie, elle s’occupe de données concrètes. Elle a dirigé des essais cliniques sur l’exposition au soleil, le cancer de la peau et le casse-tête de la vitamine D. Récemment, elle a contribué à la rédaction d’un énoncé de position équilibrant ces risques.
Sa conclusion ? Arrêtez de traiter la crème solaire comme une armure magique. Voici cinq faits qui pourraient changer la façon dont vous l’utilisez.
1. La crème solaire est une dernière ligne de défense, pas un bouclier
Vous pouvez vous allonger sur une plage toute la journée. Vous pouvez réappliquer la lotion toutes les deux heures. Vous pensez que vous êtes en sécurité.
Vous ne l’êtes pas.
Aucune crème solaire ne bloque tout. Même une application parfaite laisse passer le rayonnement ultraviolet. Au fil des heures, ce filet s’ajoute à des dommages cutanés importants. Une nouvelle application ne réinitialise pas l’horloge de cette exposition cumulée.
Chapeau. Lunettes de soleil. Restez à l’ombre à midi. Utilisez un écran solaire uniquement pour les parties de peau que vous ne pouvez tout simplement pas couvrir. Vos mains. Votre cou. Tout le reste nécessite d’abord des barrières physiques.
2. Il prévient réellement le cancer et le vieillissement
Nambour, en Australie, a accueilli l’étude la plus célèbre sur ce sujet. Commencé en 1992. 1600 habitants. On a dit à la moitié d’utiliser un écran solaire quotidiennement. L’autre moitié l’utilisait normalement, c’est-à-dire rarement.
Le résultat ? Les utilisateurs quotidiens présentaient un risque de mélanome réduit de moitié des années plus tard.
Les chercheurs ont même moulé les mains des participants dans des moules pour vérifier les changements dans la texture de la peau. Les utilisateurs quotidiens semblaient plus jeunes. Ils ont montré moins de dégâts en surface. Lors d’un nouveau contrôle en 2014 ? Un peu moins de décès toutes causes confondues.
Ça marche.
3. Si c’est ennuyeux, ça ne sert à rien
Achetez la baignoire à SPF 50+ élevé si vous faites de la randonnée pendant des jours. Mais pour de courtes sorties à l’extérieur ? Un SPF 15 ou 35 convient si vous détestez la texture granuleuse.
S’il reste dans votre tiroir parce qu’il ressemble à de la colle, vous n’obtenez aucune protection.
Des crèmes hydratantes teintées ? Ils ne correspondent aux étiquettes SPF que si vous les appliquez épaissement. Les gens le font rarement. La couleur apparaît trop vite, vous l’appliquez donc en fine couche.
Une astuce : appliquez d’abord une couche de base épaisse de crème solaire standard. Mettez ensuite votre produit teinté dessus. Le meilleur des deux mondes.
Aussi, arrêtez de croire que les crèmes solaires minérales ne reflètent que les rayons UV. Ils les absorbent aussi, tout comme les filtres chimiques. L’oxyde de zinc fait le travail. L’octocrylène fait le travail. C’est de la physique, pas de la poésie.
4. Appliquez deux couches. Vraiment.
La bouteille indique 2 milligrammes par centimètre carré.
Pour un corps adulte moyen ? Cela représente environ sept cuillères à café.
Neale a essayé de mesurer cela une fois. Elle ne pouvait pas tout comprendre. C’était tout simplement trop. Trop brouillon. Trop collant.
Sa solution : superposez-le. Mettez une couche. Va te brosser les dents. Laissez-le s’installer. Revenez dix minutes plus tard et appliquez une autre couche. Cela semble gérable. Vous bénéficiez de la couverture réelle promise.
Neale connaît personnellement les enjeux. Né pâle dans les années 60. Pas de crème solaire quand j’étais enfant. Trois cancers de la peau éliminés à la trentaine.
Vous voudriez aussi vous protéger.
5. Un écran solaire peut signifier que vous avez besoin d’une pilule de vitamines
C’est la partie la plus délicate. L’étude Sun-D a mis 639 personnes à l’épreuve. Certains appliquaient quotidiennement un SPF 50+ chaque fois que l’indice UV atteignait 3. D’autres utilisaient des écrans solaires quand ils le souhaitaient.
Après un an, 46 % des utilisateurs assidus de crème solaire présentaient une carence en vitamine D. Le groupe témoin était à 37 %.
Si vous portez un écran solaire quotidiennement, surtout en hiver, prenez un supplément. Ils sont bon marché. Sûr. Efficace.
Mais ce n’est pas une règle universelle.
Une nouvelle déclaration de consensus affirme que les personnes à la peau foncée courent un risque plus faible de mélanome mais un risque plus élevé de carence en vitamine D. L’incidence du mélanome est environ 30 fois inférieure dans les populations à la peau plus foncée que dans les populations plus claires.
Pour eux ? Les experts recommandent désormais de ne pas utiliser de crème solaire, sauf si vous restez dehors pendant plus de deux heures sous des rayons UV élevés. L’équilibre est désordonné. Cela nécessite de connaître votre peau, vos habitudes et votre localisation.
Nous n’en sommes pas encore là.





















